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  • cecile brialix

L'autodétermination : une idée de lecture à mettre entre toutes les mains


Livre : 100 idées pour promouvoir l’autodétermination et la pair-aidance

De Julia BOIVIN et Marc BLIN – Editions Tom Pousse

https://tompousse.fr/livre/100-idees-pour-promouvoir-lautodetermination-et-la-pair-aidance/


J’ai découvert avec plaisir ce livre sur les conseils de l’éducatrice spécialisée avec qui je travaille.

Il est à mettre entre toutes les mains des professionnels concernés.

Il reprend le cadre réglementaire dans lequel s’inscrivent ces deux concepts, de manière claire et concise.


Je me suis centrée sur l'autodétermination car j'avais besoin d'éclaircir les frontières de l'autonomie vs l'autodétermination


L’autodétermination est un concept universel et inclusif et concerne le droit des peuples.

Le concept a été étendu aux personnes en situation de handicap (Mickaël WEHMEYER, 1996, 1999). Il décrit le fait pour une personne de décider pour elle-même sans intervention extérieure.

« Le comportement est autodéterminé quand :

  • La personne agit en accord avec ses préférences, ses intérêts et / ou ses habiletés (autonomie comportementale)

  • La personne prend des décisions face à une situation et son évolution (autorégulation)

  • La personne se croit capable d’atteindre les objectifs qu’elle s’est fixés (empowerment psychologique)

  • La personne dispose d’une connaissance fine d’elle-même, de ses forces et de ses limites (autoréalisation) »

  • L’autodétermination un principe plus grand que l’autonomie !


Pour développer l’autodétermination, les professionnels doivent intervenir sur :

- l’autonomie :

  • autonomie de décision : aider la personne à développer ses compétences à faire des choix, à prendre des décisions

  • autonomie d’exécution : accompagner le développement des compétences de la personne à s’adapter à son environnement, à mener ses projets

  • autonomie fonctionnelle : soutenir l’identification des décisions et actions nécessaires à l’adaptation de la personne dans un environnement social donné

Cela passe par une co-évaluation des capacités et leur évolution, de l’environnement, la prise de décision graduelle, l’apprentissage par « petits pas ».


- l’autorégulation :

o les professionnels aident la personne à développer ses capacités d’autoobservation, d’autoévaluation, d’autorenforcement

o ils expérimentent avec la personne des plans d’actions (le travail sur le projet personnalisé est une première expérience)

o ils évaluent et soutiennent le développement des fonctions exécutives

o ils pratiquent le feedback positif le plus souvent possible

o ils soumettent à la personne des techniques de résolution de problèmes à visée d’apprentissage de la méthode

- L’empowerment psychologique repose sur :

o La motivation

o Le sentiment d’efficacité personnelle

o Le sentiment de maîtrise (facteurs internes vs facteurs externes)

Son développement repose sur la capacité, dès le plus jeune âge, à prendre des décisions pour soi. Cet espace doit être favorisé, permis, soutenu par les professionnels. ET également sur le fait de relever des défis, réalisables.


- L’autoréalisation repose sur :

  • La conscience de soi

  • La compréhension de ses caractéristiques individuelles.

Les professionnels, au-delà de l’aspect accompagnement, vont proposer des espaces et des outils de connaissance de soi.

J’insiste toujours auprès de mon équipe : travailler pour que la personne se connaisse le mieux possible et puisse parler de ses besoins, notamment sur le champ professionnel.


Alors qu’il n’est pas utile , essentiel et pertinent de nommer son handicap, il est, par contre, primordial que la personne puisse dire ce dont elle a besoin pour être bien dans son emploi (rythme, conditions de travail, aménagements techniques, humains, fonctionnels).


Le livre fait référence au :

  • Processus de Production du handicap, FOUGEYROLLAS, concernant l’impact de l’environnement sur les 4 composantes de l’autodétermination.

  • La juste proximité qui remplace la bonne distance, DEPENNE

  • L’humilité et le recul nécessaires au professionnel pour respecter le rythme de la personne, la place donnée à la personne (autrement) capable.

  • Questionnement régulier, presque systématique, proposé à la personne, pour s’assurer de son consentement, et lui permettre de pouvoir consentir ou refuser, sans crainte de remettre en cause son accompagnement

  • Ethique qui passe par l’information pour favoriser le consentement éclairé, la vérification d’absence de contrainte physique comme morale, entendre le refus et le permettre par un délai de réflexion, rechercher la préférence des préférences

L’autodétermination est aussi évoquée pour les soins (en fonction de l’âge), la sexualité, la parentalité, l’avancée en âge.


Bref à découvrir, pour tous les professionnels curieux et qui n’ont pas envie de lire des dizaines d’ouvrages, plus ou moins abordables 😉

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